Jean-Philippe Geiser
Fred Schmutz
Pascal Künzler
Luc Ramu
ukulele, banjo, guitare, saz, contrebasse
trombone, tuba, bugle, guitare
clarinette basse, clarinette, sax tenor
batterie, percussions

Lui, il est d'abord contrebassiste et photographe.
Mais son reflex argentique est difficile à accorder, même au capodastre, le numérique ne résiste guère à la fougue d'un batteur en délire et la contrebasse est quelque peu encombrante en déplacement. C'est ainsi qu'il préfère voyager léger... et jouer de l'ukulele.
Soutenues par une culture musicale à couper le souffle, son inspiration mélodique et sa sensibilité artistique rejoignent sens du groove et de l'harmonie dans la recherche permanente de l'équilibre, de la simplicité qui fait mouche. Juste la bonne note, le bon motif, au bon endroit.
Cet amoureux du son ne peut s'empêcher toutefois de prendre avec lui fender et banjo, deux amplis, quelques cordes de rechange et sa boîte à plectres... Ben quoi, avez-vous déjà essayé de faire sonner un uke comme un banjo ?
S'il ne craignait l'apparition d'un semi-remorque, il pourrait encore ajouter une mandoline, un saz, un dobro et même son tuba. D'ailleurs sur certains enregistrements on l'entend jouer à la fois de la contrebasse et du tuba, performance qu'il se refuse obstinément à reproduire en public. Allez savoir pourquoi...

Jouer dans les lieux les plus insolites, il aime.
On l'a vu, époque de lutte et de poésie, aux Bains des Pâquis pour le fameux spectacle du même nom... On a pu l'apercevoir entonner ska et tarentelle au fond de la forêt du Risoux. Agenouillé, accompagnant une sérénade pour une invisible marquise - vos beaux yeux... - dans une scierie désaffectée. Improviser une ballade à bord d'un vieux car postal éclairé aux chandelles. Ou traverser les pâturages, trombone à la main et tuba sur le dos à la recherche de l'endroit idéal...
Cette quête continuelle vous entraînera sans doute bientôt à l'écouter au fond d'une mine de charbon, sur un radeau de fortune entouré de spectateurs en pédalo, dans une cabine téléphonique (je m'y refuse...) ou, mieux encore, dans un ascenseur en fer forgé: quatre musiciens dans l'ascenseur, douze spectateurs sur chaque palier, d'autres assis sur les marches, le bar est au rez-de-chaussée, les commodités ? oui, dans l'appartement du dessus, deuxième porte à gauche, je vous en prie, veuillez emprunter l'escalier s'il vous plaît, l'ascenseur est occupé, merci...

Le souffleur de bois n'est jamais à court d'idées musicales !
Les partitions de ses compositions mélodiques très épurées sont aussi belles que l'ébène noir de sa clarinette.
(ah? je croyais qu'on jouait d'oreille...?)
Lorsqu'il empoigne son sax, il devient canaille. S'installe alors la lumière tamisée et âpre d'une boîte à jazz des années 30.
Si une clarinette turc ou un serpent lui passe entre les lèvres, il se transforme aussitôt en soliste digne d'une fanfare tzigane. Un parcours musical riche de nombreuses incartades classiques où seul le refus du port smoking fût un frein à une brillante carrière.
(hmmm...) Sa grande présence scénique lui permet des incursions dans le monde théâtre et l'univers des conteurs.
Le souffleur de bois est courageux car le travail est immense pour faire chanter un bois.

Le rouleur de baguettes lui, colore l'univers sonore des trois autres avec ses subtiles interventions rythmiques.
Son phrasé mélodique lui ouvre la porte de nombreuses aventures musicales et visuelles à travers le pays. Un soir sur une scène jazz, un autre à souligner le jeu d'acteurs dans la lumière, Il connaît toutes les couleurs de ses peaux et cymbales. Son jeu aérien nous ferait oublier que le passage d'une cheminée avec une batterie reste aléatoire lors de nos déplacements... Ses poignets sûrs nous apaisent, ils veillent à notre cohésion.
D'une figure rythmique inattendue, il offre à chacun l'ouverture vers de nouveaux motifs.
Et il ne manque pas d'humour, le bougre: en un instant (d'un coup de baguette ?...) il parcourt le globe, se transforme en percussionniste déchaîné, en chef sioux vainqueur d'un tuba-bison majestueux, en aborigène dansant sur les ocres de votre imaginaire...
Le rouleur de baguettes, avec ses yeux dans les étoiles, c'est un rêveur poète.